© Yann Morvan

Quietly

Claudie Landy

En résidence à L'Horizon
27 septembre au 3 octobre 2021
24 janvier au 1 février 2022
7 mars au 11 mars 2022
31 octobre au 5 novembre 2022
5 au 8 décembre 2022

Faisant écho à Mojo Mickybo, les personnages irlandais de Quietly, Jimmy et Ian, contrairement aux enfants de Mojo Mickybo ne sont pas en « mouvement » dans l'espace mais en mouvement « intérieur ».

Je les vois comme des arbres, qu'on aurait plantés dans un pub, et qui n'en bougeraient plus, car c'est là que la parole peut advenir, même par bribes, même bloquée parfois, que le silence aussi peut se dérouler. Là où ils se sont assassinés les uns les autres, là où Ian à 16 ans a lancé une bombe qui a tué entre autres, le père de Jimmy, ils tentent une réconciliation.

Comme des corps ancrés, statiques, devant des bières et un match de foot... entre Irlande et Pologne, Robert, le serveur lui est polonais. Il représente l'étranger, l'étrangeté, la différence et pourrait devenir la cible des deux autres. La pièce commence dans un échange de SMS entre Robert et sa femme, et sa maîtresse qui elle veut revenir en Pologne. Tout est donc construit sur des oppositions entre êtres humains…

Selon moi, Belfast est le quatrième personnage, ville/port où tout peut arriver et... débarquer ! Ville à la fois opaque et transparente, avec ces ciels qui tombent dans les rues... Les personnages ressemblent à leur ville... Opaques et soudain débordants... J'aimerais traiter la présence de la ville par la lumière presque noire et blanche qui « prend » les personnages, et par la musique et les sons de Wilfried Hildebrandt.

On peut penser à des atmosphères de films français des années 40/50. Je pense à l'atmosphère du bar de « Dédée d'Anvers ».

Les seuls éléments colorés seraient la télévision avec la diffusion du match, et l'écran du portable de Robert, donc des objets. Le décor doit évoquer un pub, sans pour autant le figurer totalement. J'imagine un comptoir de bar dont on ne voit pas le bout, qui disparaîtrait dans la brume, comme un vaisseau fantôme dans un port... Comme pour laisser en suspens la réconciliation.

En savoir plus sur la compagnie

Texte : Owen Mccafferty 
Mise en scène : Claudie Landy
Avec : Sébastien Boudrot, Damien Henno et Aymric Faure
Traducteurs : Brigitte Bastiat, Franck Healy
Créateur Son/Musicien : Wilfried Hildebrandt 
Photographe/Vidéaste : Johann Fournier

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